À Milano Centrale, MM6 Maison Margiela orchestre pour l’Autumn–Winter 2026 une procession d’archétypes contemporains. Les regards sont dissimulés derrière les lunettes signature de la maison, désormais proposées dans un spectre chromatique élargi. Plus qu’un accessoire, elles imposent une posture et redéfinissent la silhouette du show.
MM6 Maison Margiela lunettes AW26 :Pourquoi le regard devient-il le point de tension du défilé ?
Dans cette gare monumentale où se croisent départs et arrivées, chaque silhouette semble capturée dans un instant suspendu. Les yeux sont protégés, presque effacés, derrière les lunettes signature de MM6 Maison Margiela. Ce geste radical — cacher ce qui, habituellement, individualise — uniformise et dramatise à la fois. L’invisibilité devient construction. Le regard absent intensifie la présence du vêtement.
Comment ces lunettes traduisent-elles l’ADN de réduction propre à MM6 ?
Le vocabulaire du show repose sur la réduction, la normalité accentuée, la franchise des pièces : chemises à carreaux, blazers, jupes amples, tracksuit tops, pulls de ski. Les lunettes s’inscrivent dans cette logique. Elles ne décorent pas, elles cadrent. Leur ligne nette, leur fonction protectrice, leur pouvoir de dissimulation participent à cette esthétique qui enlève pour mieux révéler. Moins d’expression faciale, plus de structure.
Qu’apporte le spectre chromatique à cette signature historiquement concealing ?
Connues pour protéger et masquer, les lunettes s’ouvrent ici à un arc-en-ciel de teintes. Cette variation chromatique ne contredit pas le principe de camouflage : elle le complexifie. La couleur attire sans dévoiler. Elle capte la lumière de la gare, dialogue avec les volumes réduits et les silhouettes étirées par les dos en jersey côtelé. Le camouflage devient visible, presque manifeste.
En quoi l’eyewear structure-t-il la silhouette AW26 ?
Portées avec un blazer sur un long-john, un pull seul avec des collants ou une chemise à carreaux associée à une jupe ample, les lunettes stabilisent l’ensemble. Elles créent un axe, une frontalité. Dans ce jeu de proportions — pièces raccourcies, doublures tirées, ourlets modulables — le regard masqué agit comme une ligne de force. Il discipline l’excentricité contenue du vestiaire.
Que dit ce camouflage coloré du luxe selon MM6 ?
Le luxe ici n’est ni ostentatoire ni démonstratif. Il réside dans la cohérence d’un système. Cacher le regard tout en le cerclant de couleur, c’est refuser la transparence attendue pour privilégier l’attitude. Le geste est conceptuel, presque architectural. Les lunettes ne complètent pas la silhouette : elles en modifient la lecture.
Pourquoi repérer cette proposition aujourd’hui ?
Parce que l’AW26 de MM6 Maison Margiela confirme le rôle central de l’eyewear dans la construction mode contemporaine. En transformant ses lunettes signature en camouflage chromatique, la maison fait du regard dissimulé un manifeste esthétique. Une manière de rappeler que, dans le luxe le plus radical, l’accessoire peut devenir structure.