
Maison Margiela x Gentle Monster, quatrième collaboration entre la maison parisienne et la marque séoulite : 68 références, un film d’Alex Prager et une idée simple, défaire une lunette pour la rendre plus lisible.
Une paire de lunettes est l’un des rares objets qui se porte au centre du visage. Quand Maison Margiela et Gentle Monster la défont, le geste se voit immédiatement. Leur quatrième collection commune, présentée le 29 octobre 2026 sous le titre « Deconstruction », compte 68 références : 43 lunettes de soleil et 25 montures optiques. Les trois précédentes en comptaient 11, 17 puis 20. Le changement d’échelle est la première chose à comprendre.
Depuis 2023, les deux marques publient régulièrement une édition commune.
| Édition | Sortie | Références |
|---|---|---|
| 1re | début 2023 | 11 |
| 2e | mars 2024 | 17 |
| 3e | 6 mars 2025 | 20 (8 solaires, 12 optiques) |
| 4e, Deconstruction | 29 octobre 2026 | 68 (43 solaires, 25 optiques) |
Passer de 20 à 68 références, c’est quitter le registre de la capsule pour celui de la ligne complète, avec ses formes sages et ses pièces extrêmes. La répartition le confirme : l’optique pesait 60 % de l’édition 2025 (12 sur 20), elle n’en représente plus qu’environ 37 % (25 sur 68, calcul de la rédaction). La collection se déplace vers le solaire, là où le volume et l’effet de masque ont le plus de place.
La numérotation des modèles suit le même fil. Les éditions portaient des codes MM0xx en 2023, MM1xx en 2024 et MM2xx en 2025 ; la boutique en ligne de Gentle Monster affiche désormais des modèles MM3xx, de MM301 à MM325 sur les pages consultées. Les 68 références du communiqué semblent compter les coloris : un même modèle existe en plusieurs finitions.
Maison Margiela est née à Paris en 1988 et se définit elle-même comme une maison de couture qui réexamine les définitions de la beauté et de la fabrication du vêtement, en traitant la silhouette comme un champ d’étude. Gentle Monster, fondée à Séoul en 2011, a construit son identité sur des produits et des espaces expérimentaux. La déconstruction est le point où ces deux méthodes se rejoignent : l’une le fait avec la couture, l’autre avec le décor et l’objet.
Le communiqué décrit une sélection qui « élève des formes familières tout en en déformant d’autres ». Rien n’est inventé de zéro. La lunette reste reconnaissable, puis un détail la déplace : un volume exagéré, un élément écrasé, une branche tordue.

Les modèles oversize jouent sur des volumes volontairement excessifs. Selon la maison, ils dissimulent le visage aux autres tout en augmentant le champ de vision de celui qui les porte. On se retire du regard d’autrui sans rien perdre du sien. Le motif du masque traverse l’histoire de la maison, et la capsule 2025 le poussait déjà jusqu’à la monture sans cadre inspirée de L’Incognito.
À l’autre extrême, des montures étroites aux angles relevés sont enveloppées de cuir tendu, à la manière du concept Second Skin de la maison. Le cuir figurait déjà dans l’édition 2024, sur quelques montures. Il s’impose ici comme une manière de construire la forme, non comme un simple revêtement.
Les 65 packshots de face racontent une histoire plus nuancée que le communiqué. La majorité des montures sont en acétate, en noir, écaille, olive, ambre ou crème, sur des ovales compacts et des cat-eye adoucis : des formes presque sages, que seul un détail de proportion ou d’angle sépare du classique. La déformation se concentre sur un petit nombre de pièces : des solaires enveloppants et massifs, une monture optique ovale dorée dont le cerclage s’ouvre et se prolonge en fil, un rectangle en métal argenté d’une extrême finesse.
Packshots de face : une vue frontale ne montre ni les branches ni le cuir.
Une vue de face ne montre ni les branches ni le cuir, la prudence s’impose donc. Mais elle suggère une collection à deux vitesses : une base portable au quotidien, et quelques gestes radicaux qui portent le propos.
La signature de la maison reste aux branches sur toute la collection : quatre points de couture blancs. Sur les modèles fins, un nouveau marquage les fait paraître flotter au-dessus du bord de la monture, comme s’ils n’étaient plus attachés à l’objet. Un repère familier qui se détache de son support.
La campagne est confiée à la photographe et réalisatrice américaine Alex Prager. Son court-métrage suit une femme qui a dix minutes pour rejoindre quelqu’un. Elle traverse en courant une ville qui ne cesse de changer, et chaque personnage croisé porte une silhouette différente de la collection.
Campagne Maison Margiela x Gentle Monster, 2026. Photographie : Alex Prager.
Les images fixes prolongent le film : une foule dense, des visages isolés dans le mouvement, une lumière contrastée. La lunette y devient ce qui distingue chaque individu au milieu de la masse.
La collection s’accompagne d’espaces éphémères ouverts le 29 octobre à Séoul, Tokyo, Shanghai, Pékin, Bangkok, Kuala Lumpur, Melbourne et Paris, dans le Marais. La maison les décrit comme le prolongement spatial du thème : formes instables, irrégulières, esthétique de l’inachevé.
À Séoul, un événement de lancement réunit le chorégraphe et directeur créatif Damien Jalet et l’artiste Ian McMahon. Leur performance traduit la déconstruction en mouvement : corps, espace, objet et lumière se heurtent et se recomposent, défaisant les structures existantes pour en bâtir de nouvelles.
Les éditions précédentes mettaient en scène des oppositions : classicisme et futurisme, humain et cyborg. Deconstruction fait autre chose. Elle revient à la méthode plutôt qu’au récit, c’est-à-dire à la manière dont un objet se fabrique et se défait, et elle le fait à une échelle qui oblige à y voir une position plutôt qu’un exercice de style.
Côté prix, la boutique américaine de Gentle Monster affiche, sur les références consultées (la page n’en montrait qu’une partie), des montures de 420 à 500 dollars. Le seul modèle explicitement nommé « Leather » est à 500 dollars.
Pour situer cette édition, on la comparera à la capsule Maison Margiela x Gentle Monster 2025, et à la manière dont ces lunettes se portent déjà, de Shazad Latif à Paris aux lunettes masquées du défilé Margiela.
C’est la quatrième collaboration entre Maison Margiela et Gentle Monster, présentée le 29 octobre 2026. Elle réunit 68 références, dont 43 lunettes de soleil et 25 montures optiques, construites autour de la déconstruction : formes familières élevées ou déformées, volumes oversize, éléments écrasés.
Par son échelle : 68 références contre 11, 17 et 20 pour les trois premières éditions. L’optique pèse aussi moins : environ 37 % de la collection, contre 60 % en 2025.
Les formes restent reconnaissables mais sont déplacées : volumes exagérés qui masquent le visage tout en élargissant le champ de vision, montures étroites enveloppées de cuir, éléments écrasés ou modifiés. Les quatre points blancs de la maison, signature aux branches, apparaissent aussi en version flottante sur les modèles fins.
Sur la boutique américaine de Gentle Monster, les références consultées sont affichées entre 420 et 500 dollars, selon le modèle. Les prix varient selon les marchés et les références, à vérifier sur les sites de Gentle Monster et de Maison Margiela.
Alex Prager. Son court-métrage suit une femme qui a dix minutes pour rejoindre quelqu’un et croise, dans une ville en mouvement, des personnages portant chacun une silhouette différente de la collection.
Dans huit espaces éphémères ouverts le 29 octobre 2026 : Séoul, Tokyo, Shanghai, Pékin, Bangkok, Kuala Lumpur, Melbourne et Paris (Marais). À Séoul, une performance de Damien Jalet et Ian McMahon accompagne le lancement.
Sources : FashionUnited · Numéro Netherlands · The Impression · Mille World · Hypebeast (édition 2024) · JT Dapper (édition 2025) · Gentle Monster, collection Maison Margiela 2026 · dossier de presse Maison Margiela.